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Les nouvelles suspensions de Citroën




L’histoire de Citroën ne peut pas être dissociée de l’histoire de ses suspensions hydrauliques qui firent sa renommée. Mais l’histoire récente des suspensions Citroën est singulière et assez paradoxale. Pendant des années, on a critiqué les DS, les CX, les BX, les XM, les C5 et C6 et leurs suspensions trop molles qui nous faisaient mal au cœur dans les virages. Résultat : lorsque Citroën a ressuscité la DS et en a même fait une marque premium à part entière, on a opté pour des suspensions rigides, à l’allemande. Et là, qu’ont dit les experts auto ? Tout le contraire : que Citroën avait perdu son âme, mais où était passée la suspension hydraulique ?

Et alors ? On y revient ?

Oui, mais en innovant. On ne va pas faire des recettes d’aujourd’hui avec des ingrédients d’hier, mais dans son projet « Citroën Advanced Confort », la suspension est le pilier central. Voici donc les suspensions à butées hydrauliques progressives même si les ingénieurs l’affirment : les clients traditionnels de la marque vont y retrouver le « typage » Citroën.

Quel en est le principe ?

Alors qu’une suspension classique est composée d’un amortisseur, d’un ressort et d’une butée mécanique, le système Citroën ajoute deux butées hydrauliques, une de détente et une de compression, de part et d’autre. La suspension travaille ainsi en deux temps en fonction des sollicitations :

– Sur les compressions et détentes légères, ressort et amortisseur contrôlent ensemble les mouvements verticaux sans avoir besoin de solliciter les butées hydrauliques. Mais la présence de ces butées a permis aux ingénieurs d’offrir une plus grande liberté de débattement au véhicule, ce qui procure un effet de « tapis volant », donnant la sensation que la voiture survole les déformations de la chaussée.

– Sur les compressions et détentes importantes, ressort et amortisseur travaillent de concert avec la butée hydraulique de compression ou de détente, lesquelles ralentissent le mouvement de façon progressive évitant ainsi les arrêts brusques en fin de course. Contrairement à une butée mécanique classique, qui absorbe l’énergie mais en restitue une partie, la butée hydraulique absorbe et dissipe cette énergie. Il n’y a donc pas de phénomène de rebond.

En clair, seule la partie haute de la suspension fonctionne à l’hydraulique mais le but recherché est donc de retrouver cette possibilité pour la voiture de survoler la route, alors que les roues avaleront elles-mêmes les chocs comme par le passé. En revanche, le fait que l’amortisseur lui-même ne fonctionne pas à l’hydraulique, et qu’un ressort soit bien présent, empêchera la voiture de se coucher dans les virages et donnera cet effet de carrousel, particulièrement désagréable pour les passagers.

Cette technologie sera-t-elle réservée aux grandes Citroën ?

On nous dit que non, que ça se déclinera des citadines jusqu’aux véhicules haut de gamme. D’ailleurs, vingt brevets ont été déposés dans le cadre du développement de ces nouvelles suspensions. Un retour en arrière, puisqu’à l’époque, de la 2CV à la DS, en passant par l’Ami 8 ou la GS, cette fameuse suspension hydraulique était de série et faisait la fierté de la marque aux chevrons.

Source : Europe1 (Pierre DE VILNO)




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